dimanche 18 juillet 2010

Foals - Spanish Sahara



Ils ne vivent pas au ralenti, mais en retrait. Loin de ce qui blesse, paumés, en attente, ils voient les voiliers qui vont et viennent. Restants là, à imaginer comment échapper à ce qui brime, ce qui retient et kidnappe leurs vies. Ils canalisent alors leurs souffrances et les jettent
à la marée, offrant leurs sentiments qui s'échouent dans les vagues, dans quelques jours, après avoir suivi le mouvement de l'eau, ils auront atteints leur repère : l'Ilot.
C'est un paysage obscure, hors du temps, où une mer saccagée vient jour après jour déverser machinalement son flot d'horreurs. Il vient s'abattre sur la rive pour dégorger son lot de chagrins, dégoûts, passions malsaines, jalousies, remords, amertumes, doutes. Le tout s'affronte dans un immense combat, tout y grouille, la poubelle de l'humanité, le lieu de rencontre des sentiments déchus. L'îlot services publiques qui débarrasse de la tristesse environnante.
Le monde s'en retrouve plus serein. Chaque jour une pluie offre des cartons jaunes à la The Eternal Sunshine Of The Spotless Mind : "Clementine Kruczynski has had Joel Barish erased from her memory. Please never mention their relationship to her again. Thank You. " Ce serait une autre forme de tristesse. Certes, tout est impossible dans ces descriptions.

" Oh ! Oui ! le Temps a reparu; le Temps règne en souverain maintenant; et avec le hideux vieillard est revenu tout son démoniaque cortège de Souvenirs, de Regrets, de Spasmes, de Peurs,d'Angoisses, de Cauchemars, de Colères et de Névroses. Je vous assure que les secondes maintenant sont fortement et solennellement accentuées, et chacune, en jaillissant de la pendule dit: _ "Je suis la Vie, l'insupportable, l'implacable Vie!"
Il n'y a qu'une seconde dans la vie humaine qui ait mission d'annoncer une bonne nouvelle, la bonne nouvelle qui cause à chacun une inexplicable peur.
Oui! le Temps règne; il a repris sa brutale dictature. Et il me pousse, comme si j'étais un bœuf, avec son double aiguillon. _ " Et hue donc! bourrique!Sue donc, esclave! Vis donc, damné!" "

Charles Baudelaire, La chambre double, le Spleen de Paris

lundi 12 juillet 2010


J'aime écouter de la musique dans le noir en marchant. C'est vraiment un truc que je peux faire pendant des heures sans même m'en rendre compte tant je trouve ça génial. C'est un truc qui paraît tout bête mais qui me permet d'apprécier vraiment la musique. Puis j'aime bien écouter plusieurs fois de suite une même chanson, tant qu'elle continue de secouer mon coeur.
Souvent cette chanson, qui va augmenter mon rythme cardiaque tout autant que le soleil qui tape trop fort et déclare la guerre à mes tempes en cognant mon front, elle possède une intro qui dès la première écoute, me fait oublier que cette chanson est sortie il y a des semaines, des mois, car pour moi c'est tout nouveau tout beau et j'ai comme l'impression de redécouvrir l'univers. Un peu comme quand j'ai appris qu'un jour sur terre il y avait eu des dinosaures. Et là je me dis qu'il faut simplement que je trouve un moyen de mettre cette chanson sur mon iPod pour l'écouter avant de m'endormir, et en prenant le bus le lendemain matin. Ouais, question de vie ou de mort un peu.
Alors voilà, il y a trois jours, je tombe sur Beach Fossils, et déjà je trouve ce nom super cool, ça sonne bien puis c'est marrant. Ça résonne comme un ras le bol des groupes aux noms d'animaux indie et hype, alors on tue les bêtes, mais on les aime bien quand même et on garde un souvenir. Et enfin faut bien s'harmoniser avec la saison, donc je m'accommode à merveille aux groupes portant des noms évoquant le soleil. De toute façon on s'en fout car c'est l'été ce qui signifie concrètement qu'on a deux mois de soleil devant nous pour écouter autant de son lo-fi que l'on veut. Et puis surfer sur l'internet c'est bien aussi, tout autant qu'un bain de minuit et que l'eau qui fait scintiller tes omoplates, le tout sous un ciel étoilé. Mais écouter de la Surf Music me semble également être une bonne alternative. Alors j'écoute inlassablement Vacation, (avec par moment, un petit détour par Daydream, qui envoie aussi pas mal de vagues), et les paroles finissent par retentir dans ma tête. J'aime par dessus tout cette guitare et cette voix qui m'invitent à délaisser la ville pour une destination certainement plus palpitante.
Et je me rends compte que le shoegaze ne passera jamais aussi bien par mes oreilles qu'en été.


L'album éponyme de 11 morceaux est sorti le 25 mai dernier, et derrière le groupe ne se cache en réalité qu'un seul réel musicien, Dustin Payseur, originaire de Caroline du Nord, et récemment expatrié à Brooklyn.